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EX LIBRIS

 (1988) 

 

C'est une surprise quand Patrick Poivre d'Arvor me demande si je veux bien rallier l'équipe qu'il forme pour sa nouvelle émission littéraire. Et je "débarque" , littéralement, à Paris, un peu déstabilisé. Je découvre d'autres méthodes de travail et surtout d'autres moyens !... Toute l'équipe de production me fait bon accueil, d'autant que je bénéficie du capital sympathie dont la Bretagne jouit auprès d'elle, mais ...

 

Professionnellement, je suis depuis toujours et je demeure – si l’on s’entend sur les mots – un "régionaliste" convaincu. En 1988, je suis donc à Paris dans le sillage d’une star.. Je reviens chez moi à Rennes, chaque week-end. Je suis dans "le bon wagon", comme on dit ! Les portes s’ouvrent toutes grandes et déjà des propositions supplémentaires arrivent. Tout va bien. Salaire confortable et travail valorisant. Et puis je viens tourner en Bretagne un portrait du poète Yvon Le Men. Quatre jours merveilleux en Côtes d’Armor : les maisons à colombages de Lannion, le château de Tonquédec, les grèves de Bugeles et la magie des textes d’Yvon. Des couleurs, des odeurs, un autre rythme ... et le pressentiment de vivre à Paris un égarement. Sur la route du retour vers la capitale, passant au large de chez moi sur la rocade au sud de Rennes, je prends ma décision : je rentre ! Ma vie bascule pour la seconde fois dirai-je, là, sur la rocade.

 

Je n’ai jamais regretté, sauf les quelques mois de malaise qui suivirent, puisque – à l’étonnement et l’incompréhension de certains –, je renonçais à ce que beaucoup d'entre nous étions censés rêver : monter et réussir à Paris ! Non, je n’ai jamais regretté car je n’aurais pas pu tourner à Paris Les Outils de la Passion , Des Poissons Rouges dans le bénitier, Malamok Blues, Suzy Solidor un étrange destinQuestions d’Image, La Lettre à Gabrielle … J’ai pu le faire ici, à partir d’ici  ...