En savoir plus

TOPO (1979.1980)

PATCHWORK (1980.1981.1982.1983)

 

C'était la fin des années 70. Une époque de bouillonnement intense qui voyait non seulement la création de circuits parallèles de concerts folk et rock, les premiers grands festivals et la vague déferlante de la chanson bretonne – une actualité musicale qui m'occupait beaucoup ! –, mais aussi l’émergence d'une bande dessinée bretonne, la création de plusieurs radios libres et de fanzines divers, sans oublier l'apparition d'un très sérieux hebdomadaire (Le Canard de Nantes à Brest) cherchant à éroder la suprématie des deux grands quotidiens régionaux (Ouest-France et Le Télégramme). Enfin, tout çà baignait aussi – pour une partie des acteurs en tout cas – dans un esprit de retour au pays et d’affirmation d’identité régionale incluant la revendication linguistique appuyée du breton, et même, dans une moindre mesure, du gallo. Si on ajoute l'attentat récent de l'émetteur du Roc-Trédudon – qui avait plongé une partie de la Bretagne dans un long silence télévisuel –, et la "révolte" populaire qui allait entourer de 1978 à 1981 la résistance au projet de centrale nucléaire à l’extrémité de la pointe du Raz, à Plogoff, disons qu'en Bretagne çà bougeait beaucoup, tous azimuts !                                               

 

Avec Christian Rolland (déjà en place à mon arrivée en 1976) nous étions au milieu de tout çà et nous ne rêvions absolument pas d'une carrière parisienne : pour nous, Radio-Armorique c’était France-Inter ! – qui était à travers l’émission Marche ou Rêve (Claude Villers et Patrice Blanc-Francard), notre modèle absolu. Nous nous sentions bien ici, en Bretagne, chez nous, à notre place au cœur d’un volcan culturel dont Paris semblait ignorer l’existence. Nos goûts et notre connivence avec un certain "air du temps" nous font donc instinctivement nous rapprocher, Christian et moi, au sein d’une grande maison qui – sans être une prison ! – ne respire pas pour autant la fantaisie et l’impertinence. Nous sommes rapidement complices : camarades de bureau, certes, mais surtout camarades de radio. Et c’est très naturellement que nos personnalités complémentaires nous donnent l’envie de nous associer à l’antenne, à travers une émission que nous produirions artistiquement et animerions ensemble, une émission faîte de reportages et d'invités, vivante et ludique : ce sera TOPO, qui deviendra PATCHWORK. Dès lors, désireux de capter tout ce qui bouge en Bretagne, nous accompagnons tout aussi bien la naissance de festivals comme celui du "Cinéma des Minorités" de Douarnenez que l’apparition des radios libres ou encore la création du magazine  "Frilouz ", consacré à la bande dessinée en Bretagne.